lettre des PECs à Xavier Bertrand secretaire général de l'UMP et ancien ministre de la santé
Monsieur le Secrétaire Général de l’UMP,
La loi de financement de la sécurité sociale( LFSS) 2010 aura encore une fois un effet catastrophique sur l'économie de l'officine. Des mesures directes ou indirectes vont affecter la bonne marche de nos entreprises. Les pharmaciens s’offusquent que les parlementaires UMP aient pu voter ce texte en l’état.
Nous vous demandons d’insister auprès des élus de la majorité afin d’étudier , modifier , voire abroger certains articles de cette loi.
Vous êtes bien placé pour savoir que nous avons grandement contribué à la réalisation d'économies importantes pour l'assurance maladie et une fois encore nous nous retrouvons en variable d'ajustement des comptes de la sécurité sociale alors que la part officinale ne correspond qu'à 3,5 % des dépenses d'assurance maladie.
L'économie de l'officine se dégrade de jours en jours et aucune mesure concrète ne vient compenser les baisses de marge et de chiffre d'affaire de nos entreprises. En 8 ans les revenus des pharmaciens ont baissé de presque 10% alors que les charges et salaires ont progressé de presque 30% .Un tiers des officines est en difficulté financière.
Est- ce bien utile d’affaiblir ce réseau de proximité dont le maillage fait ses preuves tous les jours y compris pour des missions de santé publique (plan tamiflu, plan iode, …) ?
Est-ce judicieux de fragiliser les officines alors qu’elles assurent la permanence des soins même quand les médecins ont déserté les communes ?
Les baisses de prix, de taux de remboursement, et les déremboursements éventuels vont priver un certain nombre de nos concitoyens d'accès aux soins tout en diminuant nos chiffres d'affaire.
La loi sur les établissements d’hébergement pour personnes âgées et dépendantes (EHPAD) va amputer les pharmaciens d'une partie de leur activité.
A l’heure où les contrôles d’activité s’intensifient, l'article 54 absolument scandaleux risque de mettre les pharmaciens en péril en autorisant les caisses à pratiquer des contrôles par échantillonnage. Un pharmacien contrôlé sur 3 jours d'activité pourrait par extrapolation payer un indu sur un an sur des prestations qu'il n'aurait donc pas perçues!
A 4 mois des élections régionales qui seront un véritable test pour la majorité, les pharmaciens se posent beaucoup de questions . Le maillage et la fréquentation du réseau pourraient permettre de véhiculer certains messages si les mesures devaient s'appliquer.
Nous allons rencontrer les têtes de liste UMP pour leur signifier notre mécontentement, leur rappeler que nos voix ne sont pas systématiquement acquises et détailler les éventuelles actions envisagées vis à vis du grand public.
Nous nous tenons à votre disposition et comptons sur votre connaissance du dossier, votre dynamisme et votre capacité de persuasion,
Je vous prie d'agréer , Monsieur le Secrétaire Général, l'expression de ma très haute considération,
Pour le collectif des Pharmaciens en colère,
Le Président
Frédéric ABECASSIS
Mis à jour (Lundi, 18 Janvier 2010 12:12)
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